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Le mot du Président

 

L'émission « Revu et Corrigé » de Paul AMAR sur France 5 traitait, entre autres sujets, le 17 janvier de la recrudescence des agressions dans les commerces de proximité.

J'ai donc représenté la Fédération Française des Associations de Commerçants (FFAC) à cette émission. Après l'exposé par une collègue buraliste en Seine et Marne du cas concret de son agression la parole était donnée successivement aux deux invités politiques, les députés Benoît HAMON pour la Parti Socialiste et Eric RAOULT pour l'UMP et à votre serviteur.

Inutile de refaire l'émission car somme toute l'unanimité s'est faite sur le constat. De plus en plus d'agressions parfois pour des sommes dérisoires, de plus en plus violentes et perpétrées par des gens de plus en plus jeunes.

Pour ma part j'ai souligné qu'il ne fallait pas voir là une espèce de fatalité due à un signe des temps, qu'il fallait envisager, en plus, de la sévérité un accompagnement des auteurs.

En effet, on n'a jamais vu les crimes et délits cesser par exemplarité de la peine, c'est bien ce qui prouve qu'il faut inventer autre chose en plus.

Enfin que les victimes étaient très rarement accompagnées dans leur désarroi psychologique après une agression, faute de moyens, alors qu'au moindre incident, on l'a encore vu à la gare Saint Lazare, la victime est prise en charge par une cellule ad hoc.

S'il faut se réjouir du traitement des victimes, il faut s'insurger sur le fait que toutes les victimes ne soient pas traitées de la même façon.

Il aurait fallu une émission beaucoup plus longue pour pouvoir développer ce problème complexe qui ne peut avoir en réponse « des propos de café du commerce ».

Les dés sont du reste pipés puisque même sur le nombre de faits on donne des statistiques qui ne peuvent être justes car nombre de commerçants ne portent pas plainte par résignation, par lassitude voir peur de représailles. La police elle même déplore que les gens ne portent pas toujours plainte.

Pour ce qui concerne les causes on peut bien sur parler de la condition de certains jeunes, on peut parler du chômage, du manque d'éducation, du désœuvrement... Mais ne nous voilons pas la face, il y a aussi le sentiment, vis à vis de son entourage d'avoir réalisé un exploit. D'être un cador !

Egalement un sentiment pour les mineurs d'une impunité dont ils se servent parfois pour narguer les victimes.

C'est bien tout cela qui conduit à l'exaspération avec son cortège de solutions dangereuses pour tout le monde.

Par ailleurs, comment faire comprendre le peu de présence policière dans les rues, quand à la moindre manifestation on en voit des cars et des cars...

Un dernier point. La masse des liquidités s'accroît dans les commerces. Les banques sont de plus en plus rétives à délivrer de la monnaie.

Si on peut comprendre leurs raisons, elles devraient comprendre les nôtres.

Quand on vous dit que le commerçant devrait prévoir et commander des rouleaux de pièces, primo la panne de monnaie n'arriverait jamais si elle était prévisible et secundo on oblige le commerçant à accroître les liquidités chez lui. D'où le risque...

La solution est de généraliser les cartes bancaires pour les montants importants et Monéo pour les petits achats. Seulement là il faut que le système ne soit pas à la charge du commerçant.

Je disais plus haut que le problème était complexe, c'est le moins que l'on puisse dire. A tel point que j'ai l'intention de demander un rendez-vous au Ministère de l'Intérieur car la situation, si elle doit avoir une réponse de sécurité publique, elle doit aussi avoir une réponse d'organisation professionnelle. C'est ensemble que nous pourrons faire avancer ce problème majeur.

Georges SOREL, Président
Fédération Française des Associations de Commerçants (FFAC)

Publié le 21 janvier 2009 à 15:28:03 dans Actualité | Commentaires (0) |

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